[Avant toute autre chose, je tiens à préciser qu’aucun comportement ne justifie qu’on tape ou qu’on crie sur un enfant.]

Notre bébé nous regarde avec un grand sourire et alors qu’on vient de lui demander de ne pas le faire, renverse tout le contenu de son assiette.

Il joue sans arrêt avec sa nourriture.

Il met la peinture ou la pâte à modeler à la bouche alors qu’on lui a bien expliqué pourquoi il ne fallait pas le faire.

Il continue à réclamer nos bras alors qu’on lui a bien exprimé notre besoin de souffler un peu.

Il refuse de s’habiller, de s’allonger pour le change.

Il part en courant quand on tente de lui remettre sa couche…

On pourrait ajouter de nombreuses situations comme celles-ci, où le parent s’énerve face à la réaction de son enfant et finit parfois par crier.  

Pourtant, dans chacune de ces situations, l’enfant ne fait RIEN de mal. Ses comportements sont tout à fait normaux, et même souhaitables. Ils sont en adéquation avec son stade de développement. Cela ne devrait pas nous inquiéter mais nous rassurer par rapport à son avenir.

Au lieu de ça, on part en vrille. On devient violent. Par méconnaissance. Parce que, dans notre enfance, on a nous-mêmes été confrontés aux mêmes mauvaises réactions de nos parents face à des agissements sains et normaux.

Un enfant fait toujours du mieux qu’il peut

Une majorité des difficultés que l’on rencontre en tant que parent pourraient être évitées si l’on comprenait mieux nos enfants.

Malheureusement, l’éducation traditionnelle nous fait croire qu’un enfant a constamment besoin d’être corrigé et réprimandé.

Si on le laisse faire, on va droit dans le mur.

On risque d’en faire un tyran. Il n’apprendra jamais à bien se comporter.

C’est FAUX. Un enfant fait toujours de son mieux et veut bien faire. Tout en lui le pousse à apprendre. Il nous observe sans cesse et nous imite. Il n’a aucun intérêt à faire exprès de nous contrarier, de nous chercher, de nous provoquer (d’autant que son cerveau en est incapable). Il a terriblement besoin de se sentir connecté à son parent, entendu et compris.

Mais il ne pourra jamais faire ce que son stade de développement ne lui permet pas.

On s’énerve parfois parce qu’on fait tous ces efforts pour être un parent bienveillant (on en a l’impression en tous cas) et que rien n’y fait. On pense à tort (mais parce que cette idée fausse est souvent véhiculée dans des ouvrages de parentalité soi-disant bienveillante) qu’expliquer, poser des mots, exprimer ses besoins va amener notre enfant à agir comme on le souhaite. 

Passons sur le fait que cela ressemble plus à de la manipulation qu’à de la bienveillance. 

Si le stade de développement de notre enfant ne lui permet pas de comprendre ou d’accéder à l’une de nos demandes, peu importe la forme et peu importe les efforts que l’on aura fourni, il ne pourra pas « nous faire plaisir ». Même s’il ne demanderait pas mieux.

S’adapter aux capacités de l’enfant

Mettre à la bouche, jeter, verser, transvaser. Ce sont des comportements normaux pour un tout-petit, qui lui permettent de se construire. On devrait même s’en émerveiller.

Cela ne veut pas dire bien sûr le laisser mettre à la bouche et jeter tout et n’importe quoi. On ne va pas s’extasier parce qu’il met une peinture toxique à la bouche. 

Cela veut simplement dire que c’est à nous de nous adapter au stade de développement de notre enfant. Adapter nos demandes, adapter l’environnement à ses capacités du moments et s’assurer qu’il soit en sécurité physique et émotionnelle.

Par exemple, quand on sait qu’un bébé, à un certain âge, va avoir besoin de jeter et de verser, et si l’on n’a pas envie de faire un gros nettoyage ensuite, on peut lui donner des petites portions de nourriture à la fois et ne pas trop remplir son verre d’eau. Quand ça finira par terre, on pourra le nettoyer facilement.

Encore mieux: quand on ne s’inquiète plus à tort de ces soi-disant « mauvais » comportements, on peut offrir le plus d’occasions possible à notre bébé de répondre à ses besoins. Mettre deux petits bols au lieu d’un pour lui permettre de transvaser. Rajouter un pichet, une petite louche… 

Les possibilités sont multiples sans ajouter à la fatigue déjà présente. Au contraire, cela nous ôtera un poids parce que, bien souvent, ce qui nous fatigue le plus, c’est de partir en lutte, perdue d’avance, contre notre enfant.

Et quand on est en forme ou si l’on aime ça, on peut imaginer tout un tas d’activités impliquant ce genre de manipulations.

Et, non, on ne lui donnera pas de mauvaises habitudes. Bien au contraire. Il apprendra qu’il a de la valeur à nos yeux, de la valeur tout court par conséquent. Il saura qu’il peut nous faire confiance.

Soyez rassuré, quoiqu’on fasse, aucun ado de 15 ans n’éprouvera le besoin de renverser son assiette sur la table.

 Une fois cette crainte mise de côté, attention donc à ne pas avoir d’attentes trop élevées. Si on se lance dans de la pâtisserie avec un tout-petit de deux ans, on ne peut pas exiger qu’il ne renverse rien ou qu’il respecte toutes les étapes de la recette (même si à certains moments il en sera capable)… Un seul mot compte: s’adapter!

Quand il cuisine avec sa grande soeur, notre tout-petit de 23 mois aime bien la suivre et faire avec elle. Quand c’est avec moi, il va souvent préférer avoir ses propres récipients pour patouiller en parallèle.

Un autre exemple maintenant: un bébé qui ne veut plus s’allonger pour le change une fois la marche bien acquise (ou même avant!), c’est très courant et parfaitement compréhensible. Il est important de respecter son souhait. Pour cela, il y a des couches-culottes qui facilitent le change debout. Même avec des couches classiques, c’est juste un coup de main à prendre en fait. 

Accepter la réalité de la vie avec un bébé 

La personne qui pose problème finalement dans ce genre de situation, c’est nous-mêmes. Le blocage vient de nous. On entre en résistance contre le changement. Or, la vie de parents, c’est être en constante évolution. Ce qui est vrai un jour sera parfois faux le lendemain. On pense avoir atteint le rythme de croisière et notre enfant fait un bond en avant nous obligeant à nous adapter à cette nouvelle donne.

On a souvent l’impression que c’est compliqué. Mais, ce qui nous complique les choses, c’est de ne pas accepter, de ne pas avoir conscience de la réalité de la vie avec un tout-petit.

Ça n’est pas toujours très pratique de devoir se balader avec un nouveau-né dans les bras ou en landau. Mais lui en voudriez-vous de ne pas encore marcher. Idem pour les nuits. Oui, c’est parfois fatigant les réveils nocturnes de nos bébés mais lui exprimer, à lui, notre besoin d’avoir des nuits interrompues ne servirait à rien.

C’est à nous de nous adapter pour que le quotidien avec bébé soit le plus doux, le plus simple et le plus paisible. Trouver le porte-bébé qui nous convient le mieux pourra, par exemple, rendre les balades bien plus faciles et tellement agréables. 

Tout est question d’adaptation… et de compréhension.

Ne pas avoir d’attentes incompatibles avec les capacités de notre enfant.

Apprendre à le connaître, mieux le comprendre, et faire nos choix en fonction.

Ne plus crier surtout. 

Crier est une violence psychologique. 

Cela peut entraîner des altérations au niveau du cerveau. 

Même si notre enfant était capable d’accéder à notre demande mais s’y refusait, on n’en aurait pas le droit. 

Alors pour un bébé qui fait simplement son taf de bébé…

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