C’est une vraie question que je me pose. 

Quand j’écris ici ou ailleurs, j’ai toujours à l’esprit de ne pas trop rajouter à la culpabilité  des parents (déjà omniprésente) tout en sachant que jusqu’à un certain point se sentir coupable est bénéfique. 

En effet, si l’on ne voit pas le mal dans ce que l’on fait à notre enfant, comment peut-on changer et pourquoi le faire d’ailleurs? 

C’est difficile de trouver le juste équilibre quand on souhaite éviter de noyer le parent sous le poids de la culpabilité au risque de le paralyser.

Cependant, ces derniers temps, observer toutes ses tentatives partout sur Instagram et Internet de déculpabilisation du parent vis-à-vis de sa violence me met de plus en plus mal à l’aise. 

Attention je parle seulement des comportements violents car je suis à fond pour que les parents laissent tomber toute culpabilité inutile.

Mais quand il s’agit de taper, de crier, d’humilier, doit-on vraiment chercher à déculpabiliser le parent?

Quand on lutte contre la violence faite aux femmes ou à n’importe quel autre groupe de personnes s’inquiète-t-on autant de déculpabiliser l’agresseur?

Voit-on beaucoup de psychologues, coachs et autres experts s’adresser aux maris violents pour leur ôter le poids de leur culpabilité avec douceur?

Par conséquent: 

Oui pour expliquer aux parents qu’on agit avec violence lorsqu’on a nous-mêmes été victimes. Et donc, que ça n’est pas de leur faute au départ. 

Oui pour détailler les mécanismes, oui pour donner des pistes, oui pour dire l’urgence de faire autrement, de se faire aider si besoin, oui pour encourager et rassurer sur le fait qu’on peut toutes et tous briser le cycle de la violence…

Mais non pour dire que ça n’est pas bien grave, qu’il suffit de s’excuser (même si oui s’excuser est important), qu’on le fait avec la meilleure intention du monde, que l’on montre un bon exemple aux enfants qui voient qu’on fait des erreurs nous aussi (oui, oui, je tombe régulièrement sur cet argument)…

Car cela envoie des messages contradictoires. Soit, un acte constitue une violence faite à l’enfant et alors il y a une dimension de gravité et de culpabilité qui en découlent. Soit, ce n’est pas si grave, il n’y a pas de raison de culpabiliser et alors on ne parle sans doute pas d’un acte violent.

Soit on a des raisons de se sentir coupable. Soit il n’y a pas de raisons de se sentir coupable. Cela ne peut pas être les deux en même temps.

Cette dissonance cognitive des discours ambiants a pour effet de minimiser les violences faites aux enfants et, finit par freiner les parents dans leur tentative d’y mettre fin.

D’autant que la culpabilité a une réelle utilité et peut nous servir de moteur pour agir. 

Plus personnellement, j’ai vraiment du mal à comprendre ce besoin chez certains de reprocher à autrui un surplus de culpabilité ou bien d’attendre qu’on nous l’allège.

Quand je me suis sentie coupable de crier sur mon enfant, ça n’était pas parce que quelqu’un avait écrit quelque part que c’était mal de crier. Ni parce que des études avait établi les conséquences négatives sur le cerveau du tout-petit.

C’était simplement parce que je savais au fond de moi que c’était horrible de faire ça à mon enfant. Personne n’aurait pu me faire me sentir mieux. Le seul moyen pour que j’arrête de me sentir coupable était d’arrêter d’agir ainsi.

A l’opposé si quelqu’un pousse un cri d’alarme sur le danger d’allaiter un enfant après un an, de dormir avec lui, de le porter trop souvent, cela ne génèrera en moi aucun sentiment de culpabilité. Car je suis convaincue du contraire et je sais pertinemment que je ne fais rien de mal à mon enfant en agissant ainsi.

C’est à chaque fois mon ressenti, mes choix et surtout ma responsabilité.

Se décharger de notre culpabilité sur autrui ou attendre qu’on nous la ôte n’est pas la solutions à nos problèmes.

Et cela ne résoudra certainement pas le grave problème de la violence faite aux enfants.

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