J’ai utilisé le féminin dans le titre car on parle plus souvent de mère parfaite/imparfaite mais l’idée est la même pour les papas bien sûr.

C’est un refrain très populaire qui revient sans cesse lorsqu’on parle de parentalité: « N’essayez pas d’être parfaite! », « parfaitement imparfaite », « on ne peut pas être parfait… et c’est très bien comme ça ». Être une mère parfaite serait même une malédiction pour nos enfants.

D’abord, j’aimerais bien savoir ce qu’on entend par perfection dans ce domaine car pour moi il y a autant de parents que de façons d’être parent. Et aucun être humain ne peut réunir à lui seul TOUTES les qualités (définition du terme « parfait »).

Certaines familles valoriseront davantage la créativité artistique, d’autres les compétences sportives, d’autres encore la connexion à la nature… Un parent pourra être particulièrement doux et câlin, un autre très joueur, un autre encore hyper créatif… Aucun parent ne pourra être tout en même temps et heureusement. C’est tout l’intérêt de la nature humaine, d’être tous différents et uniques, de pouvoir s’apporter mutuellement, de se compléter, de s’accorder…

Donc pas d’inquiétude pour nos enfants, ils ne risquent pas d’hériter d’une mère parfaite (ni d’un père parfait).

Un excès de perfectionnisme, en revanche, peut nuire à la relation, en mettant trop de pression sur le parent et sur l’enfant.

Comme pour beaucoup de choses, il s’agit de trouver le juste équilibre. Sans pression.

Nous sommes tous imparfaits mais nous ne sommes pas tous  violents

Ce qui me gêne avec cette rengaine de mère parfaitement imparfaite, c’est quand elle intervient pour se dédouaner et justifier ou en tous cas minimiser des violences faites aux enfants.

Il y a pour moi une grosse différente entre ne pas être parfaite et avoir des réactions violentes.

Ne pas être parfaite n’est pas forcément négatif, cela peut même parfois être un gros plus pour avoir des relations douces et complices avec ses enfants. Une maman qui n’a pas besoin d’avoir une maison impeccable acceptera, par exemple, plus facilement le désordre inhérent à la vie avec des touts-petits.

Donc si vous n’êtes pas la reine des cuisinières ou si parfois vous avez la flemme de faire un repas “parfaitement” équilibré, si vous jouez un peu à reculons, si vous manquez d’idées d’activités, si vous ne vous sentez pas assez créative, si vous aimeriez être plus sportive et donner l’exemple à vos enfants… Détendez-vous! Non tout ne sera pas toujours parfait, et ça n’est pas grave. Non, vous ne pouvez pas être toutes les mamans du monde. Et vos enfants n’en ont pas besoin. Ils n’ont besoin que de vous. Telle que vous êtes.

D’ailleurs, ce que vous considérez comme vos défauts seront parfois les traits que vos enfants affectionneront le plus en vous. Alors, surfez sur vos forces, changez et améliorez ce que vous voulez/pouvez changer car cela vous tient à coeur (pas parce qu’il le faut), mais assumez ce que vous êtes. Soyez en fière. Et ne vous mettez pas trop de pression.

Pour briser le cycle de la violence, encore faut-il avoir conscience d’être violent

En revanche, si vous tapez vos enfants ne serait-ce que ponctuellement, si vous leur hurlez parfois dessus à vous casser la voix et à les terrifier, si vous les insultez ou les rabaissez, cela n’a plus rien à voir avec une histoire d’imperfection. C’est un problème de violence que l’on reproduit. Et, il est alors essentiel de TOUT mettre en oeuvre pour que cela s’arrête. En urgence. N’hésitez pas à vous faire aider de toutes les façons possibles.

Vous pouvez y arriver. Vous ALLEZ y arriver.

Et pour cela, c’est essentiel de ne pas tout mélanger. De ne pas culpabiliser sans raison.

Passer aux couches jetables parce qu’à un moment vous êtes dépassés par la fatigue et n’arrivez plus à vous organiser, ça n’est peut-être pas l’idéal par rapport à vos convictions de départ mais cela ne fera aucun mal à vos enfants.

Lâcher prise sur le temps passé à regarder la télé ou à jouer à des jeux vidéos parce que vous n’avez pas l’énergie de proposer un jeu de société ou une activité manuelle, ça n’est peut-être pas ce que vous imaginiez mais cela ne fera aucun mal à vos enfants (et même au contraire car parfois nos enfants préfèrent eux aussi ces activités à celles que vous trouvez plus “nobles” et il y a tellement de richesses à en tirer).

Passer parfois un peu de temps au téléphone avec une amie pendant que bébé tète ou qu’il explore la maison tranquillement, cela ne fera non seulement pas de mal à votre enfant mais ça lui évitera peut-être que vous lui en faisiez. Trop de mamans, à force de perfectionnisme mal placé, finissent, en effet, par s’épuiser et cela n’est jamais bon pour les enfants.

“L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques”

Mais taper, hurler, dénigrer, c’est NIET. C’est d’ailleurs officiellement interdit en France, depuis juillet 2019, par l’article 371-1 modifié du Code civil qui stipule que “L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques.” Physiques ET psychologiques.

Je ne dis pas ça pour culpabiliser encore un peu plus ne serait-ce qu’une seule maman mais parce que tant qu’on n’en a pas pris conscience, on ne peut pas stopper le cycle de la violence.

Si vous êtes démuni(e) car vous avez l’impression de ne pas pouvoir vous en empêcher, sachez que je compatis vraiment et je sais ce que vous ressentez. J’ai été à votre place. Je n’ai jamais tapé mes enfants mais j’ai déjà crié. Je me suis même une fois fait peur par l’intensité de ma colère. Une violence que je ne soupçonnais même pas en moi.

Si j’ai pu arrêter, c’est parce que j’ai pris conscience que de la gravité de ce que je faisais à mes enfants. Si j’étais restée dans les “on reste des êtres humains”, “tout le monde le fait”, “l’essentiel, c’est de s’excuser”… je pense que j’aurais continué.

Aujourd’hui, je ne crie JAMAIS sur mes enfants. Depuis de nombreuses années heureusement. Je n’arrive même pas à imaginer avoir pu crier un jour. Même quand je suis épuisée, agacée, même quand je me trouve démunie, l’idée de crier ne m’effleure pas l’esprit.

Exactement comme le fait de taper que j’ai toujours considéré comme inimaginable depuis la naissance de mon premier enfant.

Mais je ne suis pas parfaite. Je ne cherche pas à l’être. Juste à m’améliorer par-ci, par-là. Et c’est très bien comme ça.

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