Je ne parle pas ici de l’autorité parentale telle que définie dans le Code Civil — « un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant ». Cette présence parentale responsable est bien sûr indispensable. J’aurais d’ailleurs préféré le terme de responsabilité parentale pour en finir avec cette idée fausse qu’un enfant a besoin d’autorité.

Car, non, les enfants n’ont pas besoin que leurs parents fassent preuve d’autorité.

Quand on recherche la définition du mot « autorité », voilà ce que l’on peut trouver:

« Pouvoir de décider ou de commander, d’imposer ses volontés à autrui, d’être obéi ».

Si, en effet, les parents ont ce pouvoir de décider certaines choses pour leurs enfants (plus ils sont petits, plus c’est vrai – plus ils grandissent, moins c’est vrai), l’idée qu’on peut les commander, leur imposer nos volontés et se faire obéir n’aidera pas à tisser une relation complice et sans heurts avec eux. 

Au coeur de la parentalité, il y a la relation que qui se construit avec son enfant. 

Aimeriez-vous que votre conjoint(e) ou qu’un ami vous commande, vous impose ses volontés et exige que vous lui obéissiez? 

Non? 

C’est pareil dans chaque relation et pour chaque individu, enfants compris.

Prendre conscience de la grande dépendance des enfants les premières années et faire attention à les prendre en compte sans abuser de ce pouvoir de décision justement, c’est s’assurer des relations sereines et harmonieuses sur le long terme.

Derrière le terme « autorité », se cachent souvent des phrases telles que « c’est moi qui décide et puis c’est tout », « c’est parce que c’est comme ça », « c’est pas toi qui décide »…

Or il est possible de vivre sa parentalité comme un partenariat avec ses enfants. On fait équipe avec eux. On est leur allié. On est à leurs côtés et de leur coté.

Leur voix, leurs besoins, leurs envies sont aussi légitimes que les nôtres.

Quand on fait des choix, on prend en compte leur avis. On questionne nos non et nos interdictions pour éviter l’arbitraire.

On pense à tort que de ne pas faire preuve d’autorité est un aveu de faiblesse. Pour moi, c’est l’inverse. Cela demande beaucoup plus de force et de courage de faire un travail sur soi, de questionner ses non, de prendre en compte l’avis d’autrui. 

Dans la liste des contraires d’«autoritaire », on peut trouver – aux côtés de “faible” – les mots « conciliant », « indulgent », « accomodant ». 

Si vous étiez dépendant de quelqu’un (et il y a le risque de devenir dépendants de ses enfants sur ses vieux jours), préfèreriez-vous que cette personne soit autoritaire, ferme, intransigeante ou, au contraire, conciliante, indulgente et accomodante. Personnellement, le choix est vite fait 😉

Quand les enfants grandissent en sachant qu’ils sont considérés et que leurs parents essayent d’être le plus justes possible, ils acquièrent la certitude qu’ils peuvent leur faire confiance. Et c’est vraiment, ce sentiment que je tenais à faire passer à mes enfants car le lien de confiance et bien plus fort que l’autorité, que toute tentative de les contrôler.

Pour donner des exemples plus concrets, cela veut dire qu’à l’adolescence, ils continuent à nous écouter, à prendre en compte nos avis (comme on l’a toujours fait avec eux) et ne cherchent pas seulement les réponses à leurs interrogations chez les copains et copines. Cela veut dire que lorsqu’on leur demande de ne pas faire quelque chose (et que ça a du sens), ils ne vont pas le faire derrière notre dos. S’ils ne sont pas d’accord, ils peuvent nous le dire librement et on peut en discuter calmement (souvent ils ont raison!). 

Je ne sais pas d’où vient cette idée délétère que les enfants ont tout autant besoin d’autorité que d’amour. 

La confusion vient peut-être de l’étymologie même du mot. Autorité vient du latin auctoritas qui signifie « capacité de faire grandir ». Croit-on que les enfants ne grandiront pas de manière satisfaisante sans autorité?

Pourtant, on ne fait pas grandir un enfant. Personne n’a ce pouvoir-là.                         Les enfants grandissent. Point.

On peut, simplement, les accompagner et les aider à le faire dans les meilleures conditions possibles.

En les entourant de tendresse.

En leur faisant confiance.

En étant digne de leur confiance.

En les respectant.

En leur prouvant surtout, jour après jour, qu’on les aime plus que tout et qu’on aime plus que tout être à leurs côtés.

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