Jennifer Kolari est thérapeute familiale et autrice du livre « Connected parenting: How to raise a great kid ».

Pour elle, un parent est un lobe frontal de substitution pour son enfant.

Le lobe frontal met plus de 25 ans à arriver à maturation

Le lobe frontal, cette partie du cerveau responsable de l’organisation, de la motivation, de la prise de décision, de l’inhibition, du sens des priorités, de la prise de perspective, prend plus de 25 ans à arriver à maturité. 

Jennifer Kolari avance donc l’idée (géniale!) que nous servons jusque-là de lobes frontaux de substitution pour nos enfants. 

A nous de faire pour eux ce qu’ils ne sont pas encore capables de faire et à nous de leur montrer comment faire.

Plus ils sont petits, plus cela implique de faire à leur place. Plus ils grandissent, plus cela voudra dire leur servir de pense-bête et leur rappeler encore et encore les mêmes choses.

Leur montrer comment faire et faire pour eux

Jennifer Kolari donne l’exemple d’un rendez-vous auquel on ne veut pas être en retard. C’est nous qui allons prévenir nos enfants du départ proche. On va leur expliquer la nécessite de décoller bientôt car il y a des risques d’embouteillages…

Nos ados, qui sont, eux, tranquillement en train de regarder la tv, ne pourraient pas moins s’inquiéter de ces considérations. Ils sont dans leur série, dans leurs préoccupations d’ados. Les histoires de rendez-vous, d’organisation, d’heure de pointe… ça n’est pas leur problème.

Pas parce que ce sont d’horribles ados égoïstes, mais parce qu’ils ne sont pas encore programmés pour.

« C’est pour cela que les enfants de 6 ans n’ont pas d’appartement », dit la thérapeute. Et les ados de 14 ans non plus!

A chaque âge, ses préoccupations et ses capacités

Nous fournissons cette fonction du cerveau afin que nos enfants puissent continuer à faire leur travail d’enfant et jusqu’à ce que leur propre lobe frontal arrive à maturité. 

Ils seront alors capables d’avoir des enfants et leur serviront, à leur tour, de globe frontal.

J’adore cette façon de voir les choses pour plusieurs raisons.

Déjà, l’image est on ne peut plus parlante. J’avais déjà entendu parler du temps de maturation du pré-cortex. Je savais ce que cela impliquait par rapport à un tout-petit: l’importance, par exemple, de garder son calme quand il le perd pour l’aider à le retrouver. Mais, je n’avais pas pris toute la mesure de ces découvertes récentes.

Tout d’abord, cela veut dire que nos enfants peuvent continuer à avoir besoin de nous même après 18 ans. Il n’y a donc aucune raison de leur fermer la porte et de les laisser livrer à eux-mêmes passé cet âge (même si bien sûr ils sont alors capables de se débrouiller seuls la plupart du temps).

Comprendre nos ados pour ne plus les combattre

Ensuite, cela montre que l’on entre en conflit contre nos adolescents simplement par manque de compréhension de leur stade de développement. Tout comme on s’énerve à tort contre un tout-petit qui renverse ou joue avec sa nourriture (et ça notre ado a normalement arrêté de le faire!)

On leur en veut de ne pas avoir fait ci ou ça, de ne pas avoir réfléchi à telle ou telle chose… On part en lutte (perdue d’avance) contre eux également parce qu’on s’inquiète pour leur avenir. Mais comment vont-ils faire quand je ne serai plus là pour leur rappeler… Alors qu’en fait, c’est juste une question de maturation du cerveau et de capacités qui seront acquises naturellement plus tard.

Quand on ne sera plus là pour leur rappeler, et bien, ils seront capables d’y penser par eux-mêmes. Car leur cerveau sera prêt.

Alors, à partir de maintenant, si vous trouvez certains comportements de votre ado de 15 ans bizarrement immatures, rappelez-vous que cela n’a rien de bizarre et que c’est le fait d’un lobe frontal encore en pleine maturation. 

Vous pouvez retrouver le travail de Jennifer Kolari sur son site.

J’ai découvert son idée du « globe frontal de substitution » lors d’une conférence « The Confident Child Summit » organisée par Renée Jain de GoZen

Le site du sommet, c’est ici.

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