Petit avertissement avant d’entrer dans le vif du sujet, cet article n’est pas à lire si vous vous sentez vraiment mal, rongé(e) par la culpabilité, épuisé(e). Si vous venez de crier et que vous avez envie de pleurer tellement vous vous en voulez, passez votre tour. Revenez plus tard. 

Ce qui va suivre, je ne le dis jamais à une amie, ou à une maman sur les réseaux, qui me confie, la boule au ventre, avoir hurlé une fois de plus sur son tout-petit. Le timing est important, et tout n’est pas bon à dire ou à entendre à tout moment. 

Alors si vous êtes au fond du seau, il y a d’autres messages, ici et ailleurs, pour vous rappeler qu’il n’est jamais trop tard pour être le parent que vous voulez être, que cela sera toujours contre-productif de vous laisser écraser par la pression et la culpabilité, que la compassion pour soi est aussi nécessaire que celle pour autrui. Gardez confiance en vous et en votre enfant et ne doutez pas une seule seconde, vous y arriverez ❤️

Fin du disclaimer 😉😍

Stop! 

Il n’y a RIEN de naturel, ni d’humain à crier sur ses enfants.

Pourtant, c’est un discours que l’on peut lire (et entendre) un peu partout et même de la plume des plus grands auteurs en parentalité “bienveillante”. 

Je comprends bien l’idée de déculpabiliser, de ne pas affliger le parent qui se sent déjà assez fautif. Cependant, si cela peut en effet apporter un petit sentiment de réconfort sur le court terme, cela ne va pas aider ce même parent à arrêter le cycle de la violence et à se sentir mieux… sur le long terme.

Car dire que c’est humain de crier, que personne n’est parfait ou pire que cette imperfection est même bénéfique, cela implique deux choses.

Premièrement, si c’est humain, si cela fait partie de notre essence, alors on ne peut y échapper. Comment arrêter un comportement si l’on est convaincu qu’il fait partie de notre ADN? Pourquoi pourrions-nous, nous, faire autrement si tout le monde le fait?

Deuxièmement, cela minimise la violence du comportement en question. Le cri garde une place un peu à part, en marge des autres violences. Entendons-nous les mêmes spécialistes parler dans les mêmes termes de la violence physique? Bien sûr que non. Plus aucun « expert » en parentalité respectueuse n’oserait dire ou écrire « c’est humain de taper son enfant de temps en temps, on n’est pas parfait. L’important est de s’excuser blablabla ». Pourtant, encore récemment, on pouvait lire ce même genre de discours concernant le fait de lever la main sur son enfant. Je me souviens quand mon premier était tout petit avoir été horrifiée de lire sur un site de protection de l’enfance une phrase du style “mais une fessée de temps en temps ne peut pas faire de mal”.

Donc, non, je le répète et le répèterai encore et encore s’il le faut:

cela n’est pas humain de crier sur son enfant. 

Ce qui est humain, en revanche, c’est de reproduire les violences subies. D’avoir comme réflexe, une fois adulte, ce que l’on a intégré en grandissant.

Fort heureusement, la reproduction n’est ni une obligation, ni une fatalité. Et cela ne peut, en aucun cas, être une excuse.

Pour ne pas reproduire, il est essentiel de ne pas minimiser, de ne pas justifier, de ne pas banaliser. 

On peut toutes et tous arriver à briser le cycle de la violence. 

A condition d’en prendre conscience, car c’est cette prise de conscience qui ouvre la voie de la résilience.

Un premier pas indispensable pour en finir avec les cris.

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