On croit souvent protéger nos enfants en leur interdisant ce qui nous paraît dangereux. 

Mais leur curiosité peut parfois être plus forte que nos mises en garde (surtout pour les touts-petits).

Quand c’est possible, leur permettre d’assouvir leur besoin d’exploration, en toute sécurité, à nos côtés, me semble une bien meilleure prévention.

« Il ne faut pas jouer avec les allumettes, c’est dangereux » est l’une des phrases que l’on répète de génération en génération sans trop y penser. 

Mais en fait, si on y réfléchit à deux fois, c’est faux. Avez-vous l’impression de risquer votre vie à chaque fois que vous allumez des bougies? 

Bien sûr que non.

Pourquoi?

Parce qu’il n’y a en fait AUCUN danger quand vous le faites, à condition, bien sûr, de respecter quelques règles de sécurité. Par exemple, éviter d’être à proximité de matières inflammables.

Le danger existe si vous avez la mauvaise idée de craquer une allumette au beau milieu d’une forêt de pins en plein été.

Et, le danger est évidemment bien réel si un tout-petit allume une allumette en cachette et donc sans supervision, n’importe où, dans n’importe quelles conditions.

Mais dire à un enfant que c’est dangereux de jouer avec les allumettes alors qu’il nous voit les manipuler sans aucun souci peut créer la confusion dans son esprit.

Il ne va pas forcément comprendre pourquoi on le prive, lui, de cette expérience qui a l’air si amusante alors qu’on a le droit d’y toucher, nous, sans aucun problème apparent.

Le risque est grand alors qu’il fasse une tentative derrière notre dos dès qu’il en aura l’occasion.

Si, au contraire, on le laisse faire sous notre surveillance, que va-t-il se passer?

Et bien, il va pouvoir, en toute sécurité, se familiariser avec l’objet, l’appréhender et surtout, se rendre compte par lui-meme que c’est très chaud, que ça peut brûler… 

On lui précise bien à chaque fois que c’est ok si et seulement si un adulte est présent et il comprend vite pourquoi. 

On lui laisse ainsi la possibilité d’assouvir sa curiosité, sa soif d’apprendre, et son besoin d’exploration, si intenses chez un tout-petit.

J’ai beaucoup joué avec le feu (littéralement!) en compagnie de mes enfants quand ils étaient petits. On se mettait par terre sur le carrelage avec des allumettes, une casserole remplie d’eau, des bougies de plusieurs couleurs et on s’amusait à faire couler la cire dans l’eau. On observait le passage de la cire d’un état semi liquide et brûlant à un état  plus solide et tiède (puis froid). On admirait les couleurs qui se mélangeaient pour former de nouvelles couleurs…

Mes enfants sont toujours venus me demander avant de toucher aux allumettes ou tout autre objet dangereux. Une fois qu’ils avaient fait le tour, ils n’ont plus demandé à y jouer et sont passés à autre chose. 

Prenons un autre exemple: celui des prises. Ici, cela va être un peu différent car on ne va bien sûr par laisser notre bébé jouer à triturer une prise avec un objet métallique. 

Mais il y a plusieurs solutions pour lui dire oui plutôt que non.

Tout d’abord, de bons cache-prise permettent de le laisser approcher sans risque. Il y en a de géniales aujourd’hui qui ne nécessitent pas d’être retirées si l’on veut brancher un appareil.

C’est pour moi toujours la meilleure solution : sécuriser l’espace où le bébé évolue afin de limiter les raisons de lui dire non. On s’évite en plus également un retour de manivelle lorsqu’il pourra également nous dire non (la mythique phase du non qui n’existe pas si on ne lui a pas mis trop de bâtons dans les roues avant).

Ensuite une multiprise débranchée (comme sur la photo) peut lui donner l’occasion de s’entraîner et de découvrir autant qu’il le souhaite le fonctionnement de cet objet si attrayant.

Ces phases de découvertes et d’exploration du tout-petit ne durent qu’un temps mais il est essentiel de faire preuve d’imagination et de réfléchir à des manières de dire oui le plus possible si on ne veut pas que ce temps si court ne nous semblent une éternité.

Prendre l’habitude très tôt d’être du côté de son enfant, lui faciliter les expériences plutôt que d’être l’empêcheur de tourner en rond, est non seulement la meilleure des préventions mais aussi l’assurance de nouer avec lui une relation complice et sereine car on ne lui donnera pas (ou très peu) de raisons d’être sur la défensive avec nous. 

Il saura qu’on est toujours là pour lui permettre de faire ce qu’il souhaite à partir du moment où c’est possible. Il saura également que lorsqu’on dit non, ce n’est pas un non arbitraire, dit sans trop y penser, mais un non réfléchi avec une bonne raison derrière.

Et même sans bonne raison derrière d’ailleurs. Quand on s’habitue à ne pas dire non trop souvent, qu’on n’abuse pas de notre pouvoir de décision, nos enfants acceptent beaucoup mieux quand ils font face à un non de notre part même si la raison est simplement qu’on a un peu la flemme sur le moment.

Et je précise bien, même si c’est évident, de toujours faire comme VOUS le sentais. Si vous avez une appréhension, que vous ne le sentez pas… Écoutez-vous et ne le faites pas!  

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