Une maman me disait récemment qu’elle trouvait ça courageux de parler du laxisme comme je le faisais (cf l’article « N’ayons plus peur d’être laxistes »).

La vérité c’est que cela ne me demande aucun courage.

C’était le cas quand mes enfants étaient touts-petits et que j’étais confrontée de temps en temps à des remarques de gens sincèrement inquiets pour leur avenir (et le nôtre):

« Qu’est-ce que ça va donner plus tard si tu les laisses tout faire »? (Je précise qu’aucun parent ne laisse tout faire).

« Vous allez vous faire bouffer »!

« Ça va être sympa quand ils seront devenus de vrais petits tyrans »!

C’était alors, en effet, un peu difficile car ma confiance était encore vacillante. Je sentais bien que je ne pouvais pas me tromper en allant dans le sens de plus de respect, plus de liberté, plus de compréhension, de compassion. Et j’avais, heureusement, l’exemple, aussi rassurant qu’inspirant, d’autres familles avec plus de recul que moi.

Malgré tout, cela semait le doute: et si on était en train de faire n’importe quoi? Et si on avait tort de ne pas les limiter davantage?

Mais, il aura finalement suffi de peu de temps pour que les critiques se taisent et fassent place aux compliments teintés d’étonnement (pour mes enfants, pas pour moi 😁):

« Ils sont vraiment cools vos enfants ».

« Je suis impressionnée par leur patience, c’est facile les sorties avec eux ».

« Qu’est-ce qu’ils sont sages »!

Alors attention, le mot sage est banni depuis bien longtemps de mon vocabulaire de parent. Et je ne voudrais en aucun cas être complice de la mentalité dominante, en France, qui voudrait que les enfants soient transparents et ne bougent pas d’une oreille. On attend d’eux qu’ils se comportent comme des adultes en miniature et on s’offusque dès qu’ils font un peu de bruit. On leur reproche de déranger.

C’est une vision tellement triste de l’enfance.

On devrait, au contraire, s’émerveiller devant leur énergie et leur enthousiasme.

Les enfants ont besoin de bouger, de sauter, de rire très fort, de s’exprimer. Et oui, parfois, ils font du bruit.

Mes enfants ne dérogeait pas à la règle.

Pourquoi tout était si simple?

Je pourrais vous répondre que mes enfants sont simplement exceptionnels (ce qui est vrai bien sûr, comment une maman pourrait dire le contraire), ou bien vous faire croire à une recette magique.

Il n’y a rien de mystérieux. 

C’était simple parce qu’on leur simplifiait les choses. 

Ils semblaient s’adapter à tout parce qu’on s’adapter à eux, qu’on faisait nos choix en fonction d’eux.

Par exemple, on allait que dans des restaurants adaptés à leur âge et à leur stade de développement ou bien si ça n’était pas le cas, on prévoyait de quoi les occuper pour que cela ne soit pas trop long ou ennuyeux pour eux.

Si on allait dans des boutiques pour nous, il y avait toujours avant ou après (ou les deux), une activité qui leur faisait plaisir et, là encore, de quoi leur faire passer le temps pendant qu’on faisait notre shopping.

Et, ils acceptaient sans trop de difficultés les imprévus ou petites contrariétés car on les limitaient autant que possibles (les contrariétés pas les enfants!).

Enfin, et surtout, l’humain apprend énormément par imitation et par imprégnation.

Plus on est gentil, généreux et compréhensif avec un enfant plus il va naturellement pouvoir développer ces qualités (qui sont déjà en lui depuis la naissance).

Bref, tout ça pour dire que plus personne ne nous reproche notre laxisme. Beaucoup ont oublié que c’était du 24/24 au départ, qu’on devait déployer des trésors de patience, qu’on semblait se plier à toutes leurs volontés (on essayait!).

C’est pour cela que je partage ici. Pour aider les jeunes parents à suivre leurs instincts et à ne pas se laisser dévier par les doutes et les inquiétudes d’autrui.

Je ne suis pas un parent parfait et je n’ai bien évidemment pas les réponses à tout. Ceux qui prétendent les avoir vous mentent. Il n’y a pas de « one size fits all » en parentalité et peu de certitudes.

Mais j’ai celle-ci: je sais pour l’avoir vécu, pour le vivre encore et pour l’avoir observé, sans aucune exception, dans d’autres familles, qu’on ne fait courir aucun risque à nos enfants ou à nous-mêmes, en étant trop gentil, trop compréhensif ou trop généreux.

Bien au contraire. Et on ne l’est sans doute jamais assez.

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