C’est l’histoire d’une maman d’une petite puce de 3 ans. 

Sa fille ne s’est pas sentie bien de toute la journée. Pour ne rien arranger, son papa est partie la veille pour une longue mission à l’étranger. Le début de soirée a été long et compliquée. 

Arrive le moment de se brosser les dents et là, refus de la part de la petite fille. Un non catégorique. La maman tente de trouver des moyens amusants de la convaincre mais rien n’y fait. 

Elle sait bien que sa pitchoune est malade et fatiguée. 

Elle a bien conscience que son papa lui manque. 

Oui mais en même temps, elle tient à elle, à sa santé et lui donner de bonnes habitudes concernant l’hygiène dentaire est primordial à ses yeux. Elle aimerait bien lâcher prise, zapper le brossage pour une fois. 

Mais… mais… 

Si elle « cède cette fois », ça va être le cirque chaque soir. Sa toute-petite ne va plus comprendre qu’un jour on le fasse et q’un autre, on puisse sans passer. C’est mal l’habituer…

Du coup, la maman reste sur sa position, écoute cette petite voix (pas la bonne conseillère, l’autre) qui lui répète en boucle: « tant pis, la santé avant tout, on va pas quand même laisser faire n’importe quoi »… Elle attrape sa fille plus fort qu’elle ne l’aurait aimé. La petite s’énerve, tente de se défaire de l’emprise de sa maman. La maman serre le petit bras un peu plus fort et finit par contraindre sa fille adorée et à lui brosser ses petites dents de force. 

Quand elle raconte ce qui s’est passé à une amie le lendemain, la maman s’en veut horriblement et elle analyse bien a posteriori que le contexte était particulier et que le mieux aurait été tout simplement de laisser sa fille aller au lit sans s’être brossée les dents. Mais sur le moment…

On est nombreux et nombreuses à avoir été confronté(e)s à des situations et réactions similaires. Ici, c’est du brossage de dent qu’il s’agit mais ça aurait tout aussi bien pu être autre chose. N’hésitez pas à partager vos expériences en commentaires si vous le souhaitez. 

A la jeune maman que j’étais et à tous les parents qui se reconnaissent dans ce récit, j’ai envie de dire une chose: on ne risque rien à faire des exceptions. Bien au contraire. Ne dit-on pas l’exception confirme la règle? J’ai même découvert au fil des années que l’exception renforce la règle. Car c’est en donnant l’occasion à nos enfants de faire leurs propres choix qu’ils vont apprendre progressivement à déterminer ce qui est mieux pour EUX. 

Et dans tous les cas, comment en est-on arrivé à penser que la force et la coercition étaient un bon moyen d’ancrer de saines habitudes chez son enfant? 

La violence n’est jamais la solution. A part danger vital imminent, on n’a pas besoin de contraindre brutalement son enfant. 

Alors, en pratique, comment la maman aurait-elle pu faire autrement?

Dès que l’on sort de l’idée qu’il n’y a que deux voies: laisser faire n’importe quoi ou imposer par la force, tout un champ de possibles s’ouvre à nous. C’est vraiment et simplement de nouvelles habitudes à acquérir nous-mêmes. Cette acquisition se fait petit à petit jusqu’à ce que l’on n’y pense même plus. Tout comme respirer. 

Dans l’exemple donné plus haut, voici comment cela aurait pu se passer:

 …Arrive le moment de se brosser les dents et là, refus de la part de la petite fille. 

Si la maman sait déjà que c’est bien parfois de faire des exceptions quand la situation s’y prête, elle peut dire : « ma louloute, t’as l’air toute fatiguée, on va aller lire une histoire avant de dormir si tu veux. C’est pas grave pour une fois, tu te brosseras les dents demain ».

Si la maman est encore un peu inquiète ou qu’elle sent qu’il suffit juste de changer la dynamique, elle peut alors proposer : « t’es fatiguée ma chouchoute »? « Si tu veux, on peut aller le faire sur le canapé/le lit ». 

Et/ou « Tu sais moi aussi je suis un peu fatiguée (si c’est vrai bien sûr, pas pour manipuler son enfant), tu sais ce qu’on peut faire, je te brosse les tiennes et toi les miennes »? 

Si, à ce moment-là, sa fille continue à se braquer, il est alors temps de lâcher prise: « allez, zou, on zappe pour ce soir, on le fera demain, viens ma douce »…

Qu’est-ce qui me fait dire qu’en agissant ainsi, on ne risque pas de ruiner tout le travail fait en amont pour aider notre enfant à prendre soin de ses dents?

Je l’ai testé pour vous 😉 et avant moi, de nombreux autres parents qui avaient ouvert la voie. On n’apprend rien sous la contrainte. On apprend beaucoup par l’exemple mais aussi en faisant soi-même et en se trompant parfois. 

On n’a donc jamais forcé nos enfants à se brosser les dents. On ne les a pas non plus laissé livré à eux-même avec en tête l’idée « advienne que pourra ». Pour notre premier, on n’avait pas pensé à commencer tôt. Du coup, ça a demandé un peu plus d’efforts de notre part. On a fait pour lui et ensuite avec lui. À un moment, il a moins eu envie de nous suivre dans la salle de bain alors on lui amenait la brosse à dents là où il était. Même des parents à fond dans la “bienveillance” m’ont mise en garde. “Là, tu tombes dans le laxisme, c’est n’importe quoi”. 

Je ne partageais pas leur point de vue. Mon premier était encore tout-petit, mon but était qu’il se brosse les dents, ça ne me dérangeait pas et c’était un super compromis pour tout le monde.

Dès qu’il a grandi un peu, il n’a plus eu besoin de notre aide et s’est brossé les dents seul. Tout comme nous. 

Pour mes deux suivants, cela a été encore plus simple et fluide car depuis tout bébés, on les a laissé mâchouiller des brosses à dents adaptées. Ils se sont amusés à nous brosser les dents, ont parfois voulu qu’on brosse les leurs. Quand on fait ensemble, l’habitude se prend sans en avoir l’air. Alors le brossage des dents s’est tout naturellement imposé (sans besoin de contraindre) dans leur quotidien. Tout comme les repas, les bains, les jeux, les lectures, les couchers…

Pour les trois, on a pris le temps, dès qu’ils on été en âge de comprendre, de leur expliquer l’intérêt de prendre soin de leurs dents. Mais pas avec nos gros sabots. Ça n’était pas la peine tellement c’était intégré à leur vie. Quelques phrases par-ci, par-là histoire de donner l’info.

Maintenant qu’ils sont grands, ils ne ratent que très rarement un brossage de dents. Quand on rentre très tard d’une soirée et qu’ils sont à moitié endormis dans la voiture, ils nous demandent parfois: « on peut ne pas se brosser les dents ce soir »? 

Ce à quoi on leur répond, à chaque fois : « bien sûr que oui, allez vite vous reposer ».

Parce que l’on sait bien aujourd’hui à quel point les exceptions, ça a du bon.

(Visited 20 times, 1 visits today)

Laissez-moi un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *