Culpabiliser à bon escient.

Se sentir coupable parce qu’on a tapé ou hurlé sur son enfant, oui. C’est même plutôt bon signe si cela nous empêche de dormir, nous serre la gorge et nous tord le ventre.

Si l’on ne ressentait aucune culpabilité, cela voudrait dire qu’on trouve cela normal voire nécessaire ou, tout aussi triste, que l’on a fini par s’habituer.

Mais ensuite, il est crucial de transformer ce poids en levier pour faire bouger les choses et avancer. En sortir du positif en quelque sorte pour ne pas se laisser paralyser.

La première chose à faire est de se débarrasser de toute la culpabilité superflue. Celle qui n’a aucune légitimité. Celle qui découle d’un perfectionnisme mal placé.

Pourquoi est-il urgent de s’en libérer?

C’est tout simple. 

Tout d’abord, trop de culpabilité tue la culpabilité et nous accable inutilement. Cela nous démoralise et nous fait perdre confiance. Si l’on n’a pas confiance en nous, si l’on ne se croit pas capable de mieux faire, on ne pourra pas y arriver. 

Surtout, un excès de culpabilité va de pair avec un sentiment d’échec pas des plus agréables.  Comme ce sont nos enfants qui nous renvoient (bien malgré eux, ils n’y sont ABSOLUMENT pour RIEN) ce constat peu valorisant, on leur en veut. La colère monte et finit par éclater. Paradoxalement, ce sont nos petits qui en payent le prix alors qu’au départ, on s’était justement senti coupable de mal agir avec eux.

Le pire, c’est que notre culpabilité n’a, le plus souvent, aucune raison d’être. 

J’ai lu des témoignages de maman qui s’excusaient auprès de leur bébé pour toutes ces fois où elles regardaient leur portable au lieu de les regarder, eux, en train de téter ou de jouer. D’autres qui tentaient de justifier le recours à des couches jetables. D’autres encore qui se taguaient #mereindigne parce qu’elles avaient laissé leurs enfants regarder des dessins-animés ou jouer à des jeux vidéos.

Dans tous ces exemples, elles ne faisaient pourtant rien de mal et sans doute, au contraire, ce qu’il y avait de mieux pour leurs enfants. En effet, si elles se facilitent la vie ou se détendent et décompressent (si besoin) pendant que leurs petits sont occupées, elles limitent les risquent de burnout, de craquage. C’est de la prévention contre la violence et donc une excellent chose. Mais, elles se sentent malgré tout fautives.

Il y a aussi toute cette culpabilité liée à trop de perfectionnisme ou à des attentes irréalistes.

On se trouve nulle parce que notre bébé de 18 mois ne fait rien de ce qu’on lui demande. Il refuse de s’habiller, part en courant quand on aimerait lui changer la couche, joue avec sa nourriture, jette le bol par terre… Que fait-on de travers? Pourtant, on met tout en oeuvre pour qu’il coopère. On applique tout ce qu’on a lu pour l’accompagner avec bienveillance… et c’est un échec.

La vérité? Ce bébé de 18 mois fait son travail de bébé de 18 mois. Tout est normal. Tous les bébés passe par ce genre de phase. Il découvrent, explorent, s’affirment, gagnent en autonomie…

Les problèmes surgissent seulement si l’on réagit violemment. A nous de nous adapter progressivement à cette nouvelle donne et au stade de développement du moment.

On se sent minable parce que nos enfants se disputent. On aimerait tant qu’ils s’entendent parfaitement. Si on était vraiment au taquet, si l’on avait fait plus de ci ou de ça, cela se passerait mieux entre eux…

Mais il n’y a pas de perfection en parentalité et le secret est d’accepter les remous liés à la vie avec de jeunes enfants (attention, plus les enfants sont rapprochés, plus la houle risque d’être forte au départ). Comme l’a dit Tal Ben Shahar, « on ne peut pas arrêter les vagues, mais on peut apprendre à surfer ». 

On n’arrivera pas toujours à éviter la frustration de trop à notre tout-petit ou à trouver la solution aux problèmes de nos plus grands. On sera parfois agacée. On s’en voudra parfois d’avoir été injuste. On regrettera de ne pas avoir eu l’énergie de jouer davantage. 

Il n’y a rien de grave ou d’anormal en cela. Cela ne fait pas de nous des mauvais parents. Chaque erreur nous permettra d’apprendre quelque chose et de faire mieux la fois d’après. 

Une seule chose compte, face aux petites et grandes difficultés inhérente à la vie de famille : ne jamais recourir à la violence. Et si c’est trop tard et que vous avez déjà franchi la ligne, mettre tout en oeuvre pour ne plus jamais recommencer. 

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