Pour illustrer cette citation, je partage aujourd’hui un souvenir retrouvé dans le journal que je tenais quand mon plus grand était tout petit. Dans notre cas, il ne s’agissait pas de cailloux mais de… glands 😄

C’était il y a 10 ans et mon fils avait alors 5 ans. 

Comme nous le permettait notre choix de vie, nous profitions, avec des amis, des belles journées de fin d’été et des plages désertées par les touristes.

06 septembre 2010

Aujourd’hui, nous sommes allés au lac d’Hostens avec Karine et ses loulous. 

Tu as voulu leur montrer le passage secret qu’on avait découvert. Puis on est allés sur le pont aux écrevisses. 

Alors que nous repartions vers nos serviettes, tu as laissé échapper un des deux glands que tu venais de ramasser et il s’est enfoncé dans la vase entre les planches de bois. Tu étais tout triste bien sûr mais il t’en restait un et, en plus de ça, on t’a dit qu’on allait en chercher un autre. Là, tu me montres celui qui te reste et, catastrophe, tu le fais tomber aussi. Tu fonds en larme en me disant que tu ne voulais pas perdre les deux. Je te dis alors que je vais voir si j’arrive à le récupérer. Je prends mon courage à deux mains et, ni une, ni deux, je passe sous la barrière. Je mets un pied dans la vase mais il s’enfonce. Je retente et j’arrive à trouver un endroit où je ne m’enfonce pas trop. Je me penche pour voir sous le pont si je vois les glands et si je peux les atteindre. J’en vois un. Youhou. Je te demande le grand bâton que tu as dans tes mains pour l’attraper. Tes pleurs ont alors complètement cessé et tu m’observes attentivement. J’arrive à récupérer le gland (entre temps, je me mets de la vase un peu partout, yeurk – l’eau est stagnante et pas très ragoûtante – mais tu en vaux tellement la peine 😉🥰). Je te le donne toute contente et assez fière de moi je dois dire 😜et là tu te penches et tu me dis, “je vois l’autre” !!! Oups 😅 Bon, je m’y recolle ! Enfin, j’attrape l’autre et je te le tends. 

Tu rayonnes.  

Et moi, je suis sacrément heureuse de ne pas avoir fait ma rabat-joie et d’avoir tenté le coup afin de vérifier et d’être certaine qu’il n’y avait pas un moyen de récupérer ces précieux glands.

Aucune demande n’est exagérée. Cela n’est jamais « trop », si l’on peut y répondre d’une manière ou d’une autre. Et aucune demande n’est ridicule. Pour un adulte, ce gland ressemblait à n’importe quel autre et il y en avait même sûrement de plus beaux. Mais pour toi, c’était les glands que tu venais de trouver, que tu avais choisi de ramasser, comme des trésors que tu voulais garder. 

Et, de toute façon, peu importe ce qu’il y a derrière. Ça n’est jamais sans raison.

En plus, cerise sur le gâteau, on s’est tous pris un gros fou rire. Et ça c’était beaucoup mieux qu’un gros chagrin qu’il y avait moyen d’éviter.

Je suis heureuse d’en être arrivée là parce qu’il n’y a pas si longtemps, je me serais peut-être dit que c’était quand même abusé: « Regarde, il y en a plein des glands tout autour… ». J’aurais pensé que c’était trop compliqué, que je risquais de te donner de mauvaises habitudes. On a parfois l’impression que si on en fait trop, les enfants vont en abuser, en demander trop… et que ça va devenir invivable. C’est ridicule, comme si les enfants étaient des petits êtres vicieux, prêts à profiter de nous à tout moment.

C’est tout le contraire qui se passe. Si l’on fait le maximum pour répondre à vos demandes – quand c’est possible, bien sûr – c’est alors plus facile pour vous de comprendre quand ça n’est pas possible.

Cela demande, au départ, des efforts de notre part mais ça en vaut 1000 fois la peine !      

Et cela ne vous apprend pas à devenir tyrannique. Vous apprenez l’empathie, la gentillesse et le plaisir de rendre service. Que du bon! 😃😍

Forward 10 ans plus tard. Mon fils vient d’avoir 15 ans, et ce que je pressentais s’est confirmé avec un grand C. Profondément gentil et d’une aide inestimable au quotidien (mes soucis de santé font que j’ai bien souvent plus besoin de son aide que lui de la mienne aujourd’hui), il tord le cou, sans le savoir, à tous les « ne le gâtez pas trop », « vous allez mal l’habituer », « faut bien l’endurcir » et autres épouvantails à parents.

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