Voici un texte que j’ai écrit le lendemain de la fêtes des mères 2017. Cela faisait alors quatre ans que j’avais arrêté les corticoides locaux, administrés depuis mon enfance pour un eczéma majeur. Même si mon état s’améliorait, ce sevrage restait encore, par crises, brutalement douloureux.

Hier, j’ai sans doute passé la meilleure fête des mères de tous les temps. Je ne suis pourtant pas particulièrement fan de cette journée spéciale maman. J’adore ma maman (comme je le lui rappellerai un peu plus loin) et j’adore être maman. Mais une fête attitrée avec le côté « obligation » qu’elle implique ? Pas ma came. 

 Comme je le répète, chaque année à mes deux grands, à cette occasion, c’est tous les jours la fête des mamans pour moi depuis leur naissance. Et mes cadeaux ? Ce sont eux bien évidemment (c’est là que leur papa sort habituellement les violons). 

Bref, réveillée par mes loulous avec de gros câlins et de beaux dessins, plus un jus d’orange pressé préparé par mon chéri, la journée commençait plutôt bien. On se mit ensuite tous en selle direction la Coccinelle, un parc d’attraction près de chez nous. Après le pique-nique,  on se rua vers les attractions : rondins de bois, petits chevaux, petit train de la mine, toboggan sac à patate… 

Puis retour à la maison où la journée se termina tranquillement (avec notamment un épisode de « Designated Survivor » en amoureux). 

Voilà. Meilleure fête des mamans de tous les temps je vous dis ! 

“Je savais la chance que j’avais, je ne prenais rien pour acquis, je savourais chaque petit moment”.

Pour ceux qui ne verraient pas ce que je trouve de si exceptionnel dans cette journée, je rembobine en détaillant un peu plus. 

J’ai pu faire des câlins à mes enfants, en plus dès le réveil! Sans abréger pour cause de douleur et au point de ne pas penser à prendre le long bain de sel, destiné à me soulager.

J’ai pu profiter d’un bon petit jus d’orange dans la cuisine aux côtés de mon chéri. Pas seule dans mon lit, devant un replay sur l’Ipad. 

J’ai pu, en pleine chaleur, faire du vélo. Du vélo ! En pleine chaleur ! Sans que ça ne me gâche le reste de la journée. Sans être obligée de tout interrompre pour retourner dans ce fameux bain.  

J’ai pu aller à la Coccinelle après avoir raté tant de sorties en famille depuis plus de 3 ans. 

J’ai pu… tadaaaaam… faire les rondins de bois !!! L’attraction où on est forcément éclaboussé et donc l’attraction que je fuyais jusque-là comme la peste (bon une seule fois quand même mais c’est déjà énorme !).

J’ai pu d’ailleurs faire TOUTES  les attractions sans me traîner, sans prendre sur moi, sans que cela ne me demande des efforts de chaque instant.  

Et j’étais comme une dingue. Je n’ai pas arrêté de soûler toute ma petite famille (qui heureusement a l’habitude) sur comment « c’était trop géniaaaaaal », sur « la super journée de folie », sur « youhouuu, j’ai même pu faire les rondins de bois ». 

A ce moment-là, j’étais, sans aucun doute, LA maman la plus heureuse présente sur le parc. Pourtant je n’ai rien fait de plus que les autres mamans. J’ai même peut-être fait moins que beaucoup d’entre elles. Mais, je savais la chance que j’avais, je ne prenais rien pour acquis, je savourais vraiment chaque petit moment.

J’étais en mode kif intégral.  

Ça a continué en rentrant à la maison, car au lieu de me réfugier le plus rapidement possible dans ma chambre, j’ai pu tranquillement me poser sur le canapé avec mon homme pour regarder une chouette série et ce, sans même lui imposer une « distance de sécurité ». 

“C’est bon de savoir que pour chaque épreuve inévitable que la vie met sur nos chemins, il y a la perspective d’en ressortir grandi, mieux et meilleur qu’avant”.

Ces derniers temps, je lis et entends beaucoup de choses sur le concept de croissance (épanouissement ?)  ou succès post-traumatique (post-traumatic growth ou post-traumatic success en Anglais). Comment du positif peut ressortir des difficultés rencontrées. Cela va au-delà de la résilience qui signifie un retour à la normale « d’avant ». L’appréciation toute nouvelle générée par le traumatisme (le sortir du traumatisme en tous cas), les changements dans notre façon de voir et concevoir le monde… nous permettent de nous sentir encore mieux qu’avant, d’arriver à une version 2.0 de nous-mêmes :D 

C’est exactement ce que je vis. Bien sûr, on aimerait tous éviter les difficultés et personnellement je ne conseille à personne (mais alors vraiment à personne) un sevrage de corticoïdes après 35 ans d’usage. Même maintenant, alors que ça commence à aller mieux, je ne conseille pas. Mais c’est bon de savoir que pour chaque épreuve inévitable que la vie met sur nos chemins, il y a la perspective d’en ressortir grandi, mieux et meilleur qu’avant. Et, j’espère continuer ainsi longtemps à me sentir reconnaissante pour toutes ces petites choses qui passent trop souvent inaperçues. 

“Il suffisait de me focaliser sur tout ce que j’avais la chance d’avoir plutôt que sur le peu qui me faisait défaut”.

Et en parlant de gratitude (essentielle à notre bien-être, c’est prouvé scientifiquement !) et parce que ce message parle de la fête des mamans, je ne peux que terminer en disant un grand merci à ma mamounette chérie sans laquelle je serais bien moins équipée pour traverser les moments un peu moins faciles de ma vie. C’est mon modèle à bien des égards mais c’est surtout la personne la plus résiliente que je connaisse,  celle dont l’optimisme à toute épreuve est juste bluffant quand on sait les épreuves auxquelles elle a dû faire face dans son enfance et adolescence. 

Et si j’ai la chance d’avoir eu cet exemple d’une maman plus que positive (on ne l’appelle pas K+ pour rien !), je sais aujourd’hui que voir la vie du bon côté est un choix que l’on peut faire à tout moment

Trois jours avant la fête des mères, on est allés à la plage avec le frère de Mat, sa petite famille et des amis à lui. Quand, affublée de ma tenue de guerre, euh pardon de plage – jupe longue/t-shirt manches longues et tout le toutim – je me suis retrouvée à ne pouvoir que tremper mes pieds au bord quand tous les autres (en maillot, quel manque d’originalité) partaient au loin jouer au ballon, j’avoue avoir eu un petit coup de spleen. Un peu à saturation de passer à côté de ces moments. 

J’ai senti des larmes de frustration monter mais très vite j’ai complètement changé de perspective. Oui, je ne pouvais pas aller nager et jouer avec mes loulous et mon chéri mais hey !, j’étais en famille dans un des plus beaux coins de la planète, les pieds dans l’eau, une vue magnifique devant moi, sous un grand soleil. Oui, mon sevrage est encore un peu handicapant parfois, oui j’avais encore les pieds qui piquaient, mais j’étais surtout en train de guérir, et j’avais la chance d’avoir un chéri et des enfants en pleine forme. On passait une super journée avec nos proches et on avait encore une belle soirée devant nous. Au final, j’avais beaucoup plus de raisons d’être joyeuse que mélancolique.

Il suffisait de me focaliser sur tout ce que j’avais la chance d’avoir plutôt que sur le peu qui me faisait défaut. 

Tout le monde peut le faire. Voir son verre à moitié plein ou mieux encore, comme je l’ai lu il y a peu, savoir qu’on peut le remplir à nouveau à tout moment. Mais je ne vais pas me mentir. C’est sans doute bien plus facile quand on a eu l’exemple d’une maman experte en la matière. 

Alors encore une fois, un immense merci et une très bonne fête à toi ma mamounette chérie. 

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