Faire front contre la violence afin de protéger nos enfants

L’éducation traditionnelle nous met en garde contre le fait de se contredire devant nos enfants. Il faudrait soi-disant toujours donner l’impression que l’on soutient l’autre parent sans faille et que l’on est d’accord avec lui quoiqu’il fasse.

Si je suis d’accord pour éviter à nos enfants (et à nous-mêmes!) de violentes disputes, je pense au contraire qu’il est essentiel d’intervenir si l’autre parent agit d’une manière violente, désagréable ou simplement injuste.

Quand mon plus grand était tout petit, je me souviens avoir fait une remarque à son papa dans ce sens. Je ne sais plus quel était le problème en question mais il avait dû lui parler sur un ton un peu trop cassant ou quelque chose du genre. Mon chéri me rétorqua que, la veille, et même à plusieurs reprises dans les semaines précédentes, j’avais moi aussi agit d’une manière semblable.

« Mais pourquoi tu ne me l’as pas fait remarquer sur le moment »?

« Ça sert à quoi de me le ressortir maintenant en mode défensif »?

« C’est quoi le projet? On joue à celui qui sera le plus foireux des deux ou, au contraire, on fait équipe pour accompagner les loulous du mieux possible »?

Ne pas être complice de la violence de l’autre mais, au contraire, s’épauler pour y mettre fin 

Je ne me souviens plus de mes mots exacts et de la manière dont ils sont sortis mais c’était l’idée. La violence et l’injustice sautent plus facilement aux yeux de l’extérieur. Bien souvent, de l’intérieur, on ne s’en rend même pas compte. C’est pourquoi il est tellement indispensable de se servir de garde-fou l’un à l’autre. Alors, on peut choisir de profiter des failles de son conjoint pour nous aussi, nous autoriser à en faire. Ou on peut choisir de s’aider mutuellement à apprendre de nos erreurs et à mieux faire.

Si c’est notre choix et pour en arriver là, c’est indispensable d’avoir cette discussion, de conclure ce pacte. Pour que l’autre parent ne se sente pas agressé, critiqué, rabaissé quand on lui fait remarquer son erreur.

Personnellement, cela ne m’a jamais dérangée. Au contraire. Et, mon homme ne le faisait pas assez à mon goût au départ. Mais, d’autres personnes vont avoir plus de mal à être pris en défaut (c’est toujours lié à des blessures d’enfance d’ailleurs).

En pratique, on peut parfois choisir de faire la remarque à l’autre parent discrètement en décalé. Mais, pour moi, c’est important aussi pour les enfants de l’entendre et qu’ils se sentent défendus sur le moment. Ils apprennent ainsi que leur ressenti est juste et qu’on n’a pas le droit de leur parler méchamment ou de leur manquer de respect. Petit à petit, ils sauront se défendre par eux-mêmes et pourront nous le dire directement. C’est l’une des choses qui m’a le plus aidée à être plus juste, et plus respectueuse. Quand notre enfant nous dit: « maman, tu me parles méchamment là », « tu n’as pas le droit de faire ça», ou « tu peux me le dire sur un ton plus sympa »?, ça nous recadre aussitôt.

Et très vite, plus personne n’a besoin de faire ce genre de remarques car le respect de chaque membre de la famille devient chose due.

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