Se lancer dans le vide… sans filet.

C’est l’impression que j’ai parfois eue en sortant des sentiers battus.

Lorsque l’on fait des choix différents en matière d’accompagnement des enfants, c’est normal de se sentir déboussolé(e). On perd ses repères et on doit s’inventer une nouvelle parentalité. La nôtre.

Le problème, c’est que parfois (souvent?), au départ, on ne perd pas seulement ses repères mais aussi son bon sens.

Je me souviens d’un message posté sur des listes yahoo (si, si!) de parents « autrement » quand mon plus grand avait moins de deux ans, dont le titre était: « Autorité, laxisme, je suis perdue ».

Et vraiment, j’étais complètement perdue. Cela me paraît fou aujourd’hui mais je n’arrivais pas à faire le tri. Quand dire oui? Quand était-il possible de dire non? Quand intervenir? Quand s’abstenir? Pouvait-on parfois contraindre?…

Je reviendrai plus tard sur ces questions et je copierai le message en question pour vous montrer l’ampleur des « dégâts » 😅mais suite à la polémique sur les soins à l’Hôpital et le respect de l’enfant, j’ai envie de m’intéresser à la question de la santé de nos chouchous.

Si je pouvais donner un premier avertissement à la maman que j’étais alors, c’est celui-ci: méfie-toi toujours quand te vient à l’esprit une idée du genre “ah, c’est bien beau la bienveillance, mais il ne faut pas faire n’importe quoi quand même”, ou “on est bien obligés de contraindre, on ne va pas les laisser se mettre en danger/mourir/se faire écraser”, ou encore “des fois il faut savoir utiliser la force pour les protéger”.

Entre la négligence (ne pas leur apporter les soins nécessaires, mettre leur vie en péril…) et la violence (avoir recours à la force), il y a dans 99% des cas une solution alternative respectueuse de l’enfant.

Le problème est que le monde de la santé est le reflet du monde dans lequel on vit et le respect de l’enfant passe bien trop souvent au second plan. Simplement par manque d’information et de formation.

Quand le personnel soignant (des professions auxquelles je voue une profonde admiration, ne vous y méprenez pas) est sensibilisé au sujet de la prise en charge bienveillante des enfants, cela fait toute la différence. Il y a tout un monde de possibilités. Utiliser des jouets, des livres, une tablette, des dessins-animés. Laisser un tout-petit téter pendant un soin. Evidemment, autoriser la présence du parent (à part impossibilité justifiée). J’ai même vu une vidéo d’un Hôpital qui avait investi dans des petites voitures électriques pour transporter les enfants de leur chambre jusqu’au bloc opératoire (avec des soignants empathiques au possible qui jouaient le jeu à fond). Sans aller jusque-là (même si ce serait génial que cela se généralise), il suffit de pas grand chose pour changer complètement l’expérience de l’enfant et de ses parents en milieu hospitalier.

Bien évidemment, il y a des cas d’urgence absolue où l’on ne va pas pouvoir prendre le temps de préparer l’enfant, mais cela devrait être de rares exceptions. 

On brandit bien trop facilement l’argument « c’est pour le bien de votre enfant » ou « ah ben, si vous voulez le mettre en danger ». Mais, il y a pourtant presque toujours une manière différente de faire qui évite à l’enfant des larmes et un stress inutiles. Quand ma fille avait un an, j’ai dû l’amener aux Urgences pour une pharyngite assez forte. Le protocole voulait que le parent sorte de la chambre pendant qu’on mettait à l’enfant un masque délivrant le médicament. Comme pour beaucoup de petits, c’était l’assurance pour ma fille d’un long moment à se débattre. Un long moment d’angoisse, de pleurs et de cris de panique. Je ne sais pas comment j’aurais fait si j’avais été seule car j’ai toujours eu du mal à m’affirmer face au corps médical mais heureusement, mon père (lui-même un soignant) m’avait accompagnée et me soutenant à 100% dans ma façon d’accompagner ma fille, il insista pour je la garde tout contre moi et que je lui applique moi-même le masque. Les infirmières qui étaient bien occupées ailleurs nous laissèrent donc tranquilles seuls tous les trois. Résultat, aucun stress, aucune larme. Ma petite puce s’endormit même contre moi pendant le soin. 

J’aurais tout un tas d’exemples similaires à donner comme les vaccins qui se font tout en douceur grâce à un médecin en or qui prend le respect de l’enfant très à coeur (allaiter pendant la piqûre aide aussi, donner le biberon fonctionne également).

Et c’est pareil pour nous à la maison. Entre « abandonner et ne pas donner de médicament » et « ceinturer son enfant pour lui faire avaler de force » (ce qui n’aurait pas marché avec les miens de toute façon car ils auraient vomi instantanément), il y a presque toujours une troisième voie. Par exemple, pour mon petit dernier, j’ai découvert récemment (après quelques échecs), que l’antibiotique passait très bien dans le smoothie aux fruits rouges Innocent. 

Cela demande quelques efforts c’est vrai. D’être créatif. Inventif. Cela demande surtout d’avoir changé de paradigme et d’avoir le respect de son enfant toujours en plein centre de son viseur.

Mais le jeu en vaut largement la chandelle car c’est aussi la confiance que nos enfants nous portent qui en dépend. 😍

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