Non, nos enfants ne savent pas « appuyer là où ça fait mal ». Ils ne font jamais exprès de nous blesser. Ils n’ont jamais l’intention de nous provoquer ni de nous mettre à l’épreuve.

Ils font simplement leur taf d’enfant. Ils ont les comportements normaux et souhaitables liés à leur âge et à leur stade de développement.

Mais si nos parents ont mal réagi, dans notre enfance, à ces mêmes comportements (ou à des comportements similaires), cela va réveiller ces blessure d’enfance.

Si l’on a pas été entendu, compris et respecté dans ces moments-là, le risque est grand de reproduire et de sentir monter en nous de la colère.

C’est pour cela que nous ne nous énervons pas tous pour les mêmes choses. Un parent pourra être hyper patient par rapport au bruit mais partira en vrille si de l’eau est renversée. Un autre n’en aura rien à faire que son enfant se salisse mais commencera à hurler s’il refuse de s’habiller.

Il y a aussi ces mots, ces expressions, que nous n’avions JAMAIS prononcées avant de devenir parent et qui fusent, un jour, on ne sait d’où, sous le coup de la colère: « ça va être vite vu », « tu me fatigues », « non mais t’es bête ou quoi »…

Leur origine n’a pourtant aucun mystère. Ce sont des phrases entendues dans notre propre enfance qui rejaillissent quand on se retrouve en difficulté.

Si l’on n’identifie pas ces « déclencheurs », si l’on ne réalise pas que nos enfants n’y sont pour rien mais que l’on se retrouve coincé dans un schéma de reproduction de la violence, alors on réagira violemment.

Une maman me disait l’autre jour que ce qui lui donnait envie de crier,  c’était de ne pas se sentir entendue par son enfant. 

C’est de ne pas avoir été entendue et respectée quand elle était à la place de son enfant qui déclenche sa fureur. 

Ne pas entendre et respecter son enfant, c’est la double peine. Elle a souffert de quelque chose quand elle était petite et fait souffrir son enfant, à son tour, ce qui la rend doublement malheureuse. Car c’est l’une des pires choses, pour un parent, que de faire du mal à son propre enfant.

La bonne nouvelle c’est que nos touts-petits nous donnent l’occasion de refermer ces plaies. Ne pas reproduire, c’est la clé. Quand on offre à son enfant ce qui lui est dû et dont on a été privé, on répare aussi l’enfant que l’on a été et on en ressort profondément apaisée. 

Encore faut-il prendre le temps d’identifier nos fêlures et d’éprouver de la compassion pour cet enfant en nous.

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