Très connue aux Etats-Unis, cette phrase est prononcée par l’éléphant Horton dans le livre « Horton Hears a Who » du Dr Seuss.

Cela paraît évident. Enfin, j’aimerais que cela soit une évidence pour tout le monde. 

Mais dans les faits, même parmi ceux qui prônent le respect de l’enfant, cela n’est pas toujours si clair que ça.

Cela me demande personnellement d’y prêter une attention toute particulière dans mes relations avec mes enfants et quand j’écris ici. Je me demande sans arrêt: « et transposé aux adultes, ça ferait quel effet »? « Dirait-on la même chose à un conjoint ou un ami »?…

C’est pourquoi je me méfie des termes récents inventés seulement pour parler de l’enfance. Ils ont cette facheuse tendance à maintenir les plus petits dans un statut un peu en marge des autres êtres humains.

Par exemple, alors que naissait mon premier fils, il y a 15 ans, émergeait le terme, maintenant utilisé très largement, de VEO (violences éducatives ordinaires).

Je ne remets pas en cause le travail fantastique mené par Olivier Maurel (j’ai adoré notamment son livre « La Fessée ») et par les membres de l’OVEO (Observatoire des Violences Educatives Ordinaires) qu’il avait fondé en 2005. Et, je peux comprendre l’intérêt à cette époque de créer un terme spécifique pour sensibiliser les esprits et pour que l’on se penche enfin sérieusement sur ce problème.

Leur travail a sans aucun doute largement contribué à la loi de juillet dernier qui interdit en france toute violence physique et psychologique sur les enfants.

Mais, je n’ai personnellement jamais utilisé ce terme si ce n’est pour faire référence au travail de l’OVEO justement et plus récemment, sous la forme de # pour une question de visibilité sur INst.

Et je regrette qu’il soit passé dans le langage courant d’autant que l’utilisation qui en est faite a trop souvent tendance à minimiser (sans qu’on le veuille) les violences faites à l’enfant. 

« J’essaye d’accompagner mon enfant sans VEO, mais parfois c’est juste impossible » peut-on ainsi lire régulièrement sur les réseaux.

« C’est sûr que j’aimerais éliminer toutes les VEO, mais c’est humain de faire des erreurs ».

Si l’on remplace VEO par violence ou violenter, cela sonnera différemment. 

« J’essaye de ne pas être violent avec mon enfant, mais des fois on ne peut pas s’empêcher de les violenter »…

« C’est sûr que j’aimerais arrêter de brutaliser mon enfant »…

Pourquoi, dans le langage courant, utiliser un terme différent ou pire un sigle pour parler de la violence faite aux enfants?

Utiliserait-on un sigle pour dénoncer les violences faites aux femmes, aux personnes plus âgées ou à n’importe quelle catégorie de personnes?

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » a dit Albert Camus.

Je suis intimement convaincue que prêter attention à choisir les bons mots quand on parle de l’enfance est essentiel et peut, au contraire, ajouter au bonheur du monde.

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